Le préfet, représentant du nouveau Gouvernement

Entre la loi immigration, la réforme des retraites et la démission d’Elisabeth Borne à son poste de Première Ministre la vie politique française est plutôt agitée. Aujourd’hui, c’est sur l’arrivée au pouvoir de Gabriel Attal, le nouveau Premier Ministre, que l’interview va se concentrer.

Laurent Carrié, le Préfet du Gers depuis le 21 août 2023, répond aux questions.

Le préfet a trois missions principales: il est d’abord le représentant du Gouvernement dans le département. Ainsi, il se charge de mettre en place les politiques décidées par le Gouvernement au niveau départemental, qu’elles soient législatives ou réglementaires. En second lieu, il s’occupe de la sécurité, il est donc en charge du maintien de l’orde. Dans ce cadre, il s’assure de la sécurité civile et des biens. La dernière mission du Préfet est de s’assurer que les lois sont respectées à l’échelle départementale. 

Que pensez vous de ce changement de Gouvernement ? J’ai une obligation de loyauté vis-à-vis du Gouvernement. Je représente le Premier Ministre et chaque ministre du Gouvernement sur le Département du Gers. De ce fait, je n’ai pas d’avis politique sur sa composition. Mon objectif étant de relayer et mettre en place les décisions prises par le Gouvernement et les politiques qu’ils veulent mener. Nous sommes dans un État républicain et les préfets doivent servir les ministres peut importe leur orientation politique. 

Depuis l’arrivée de Gabriel Attal au pouvoir, l’approche de votre profession est-elle différente ? De nouvelles missions ? Des sujets davantage mis en avant ? On attend le discours de politique générale qui va permettre au nouveau chef du gouvernement de se présenter, de donner les orientations et les grands caps du ministère. Mais d’ores et déjà, nous avons reçu un certain nombre de directives du Premier Ministre. Par exemple aujourd’hui, nous avons eu comme consigne de la part de Gabriel Attal et du ministre de l’intérieur de rencontrer toutes les organisations professionnelles agricoles pour travailler avec elles et voir comment nous pouvons débloquer la crise qu’il y a actuellement avec les agriculteurs. 

Pouvez-vous expliquer les causes de la crise des agriculteurs ? Les agriculteurs ont principalement des revendications sur les charges qui pèsent sur leur activité, notamment celles qui touchent à l’énergie ou au gasoil. Ils estiment avoir une fiscalité trop forte. Mais ils revendique aussi l’accès aux ressources, par exemple en période de sécheresse où on leur demande de limiter leur consommation en eau. Les agriculteurs ont d’autres demandes un peu plus financières concernant l’indemnisation lorsqu’ils sont soumis à des crises, par exemple la grippe aviaire dans le Gers, où ils réclament toucher des indemnisations soit rapidement soit avec des montants plus élevés. Et mon rôle est de discuter avec eux et de faire remonter leurs réclamations au Gouvernement qui prendra ensuite des décisions au niveau national. 

Les missions données par le Gouvernement sont-elles propres à chaque département ? Non, justement le Premier Ministre donne des politiques nationales et après c’est chaque préfet qui les met en oeuvre au niveau local. On tiens en compte le contexte local. Être préfet c’est sentir comment sur le territoire on peut bien mettre en place une politique nationale. 

Depuis le départ d’Elisabeth Borne le 9 janvier, des projets ont-ils été modifiés ou annulés ? Non, pour l’instant non. A voir ensuite s’il y a des réorientations mais il faut attendre le discours de politique générale du Premier Ministre et que le reste du Gouvernement soit nommé, puisqu’il reste une quinzaine de ministres délégués et de secrétaires d’Etat à nommer.

Quelles sont vos missions en ce moment ? L’agriculture. Mais aussi la rénovation de l’hôpital d’Auch. Je travaille aussi sur la rénovation de l’abattoir d’Auch qui va permettre de donner du travail à la filière élevage du Gers. Ainsi que l’eau qui est gros sujet pour le conté du Gers, on essaye de gérer au mieux autant sur le plan quantitatif que qualitatif l’eau. Voilà les quelques dossiers prioritaires du Gers.

Interview

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