Passion et héritage : une complicité cruciale pour un avenir durable
Saskia de Rothschild, une jeune femme simple en apparence. Pourtour, elle cache bien son jeu. La fille bu baron Éric est à la tête des Domaines Barons de Rothschild, totalisant plus de 2 000 hectares de vignes. La jeune entrepreneuse allie préservation de la nature et commerce international. Depuis des années, le nom de « Rothschild » est devenu synonyme d’immense richesse.
Une femme durable
Il est 11 heures. Au parc des expositions à Bordeaux, la deuxième conférence de la matinée vient tout juste de débuter. Les places se remplissent dans l’espace « plénière territoriale ». Au centre de la scène, l’assemblée l’observe. Elle est pétillante, spontanée et pleine d’assurance. Au sein du World Impact Summit, où les hommes d’affaires ont sorti leur plus beau costard. Elle, est vêtue d’un pantalon vert viride, d’un pull en maille blanc laissant apparaitre subtilement sa chemise à la teinte moutarde. Une tenue au tond naturel, le tout accessoirisé de bijoux dorés, certainement de l’or. Mais ce n’est pas l’argent qui compte. Pendant la réunion, Saskia de Rothschild défend l‘idée d’obtenir des résultats sur le long terme, « On travaille pour la future génération. On ne va pas vendre nos vins plus cher et cela va certainement nous coûter plus cher. Mais peut-être que dans 5 ans on aura une longueur d’avance et que nos vins seront choisi au dépend d’autres ». Son objectif : préserver la biodiversité grâce à des choix moins contraignants. Après, 50 minutes de débat, c’est autour d’un canapé gris souris placé entre les stands du forum que l’échange continue. A côté de sa passion pour le journalisme et du fait de raconter des histoires, la jeune femme est passionnée par la nature. Héritière de plusieurs vignobles dispersés un peu partout en France et ailleurs, la femme d’affaires favorise une production locale. Los Vascos, le vignoble chilien du domaine préfère opter pour des bouteilles locales, elle ajoute aussi « nos vins sont vendus au plus près de là où il y a nos vignobles ». En janvier 2024, la jeune femme de 36 ans acquiert le Domaine de Chablis au Nord de la France, là-bas, le climat est plus frais. C’est l’urgence climatique mais surtout son porte-monnaie bien remplie qui lui permet cette acquisition.
Un nom doré
Alors, quand son père, Éric de Rothschild, lui demande de reprendre l’héritage familial avec 150 ans d’histoire, très lié à la nature, le choix est rapide pour la jeune fille âgée de 30 ans à l’époque. Si la milliardaire avait dû prendre cette décision plus tôt, sa vie aurait peut-être été différente: « Je ne pensais pas travailler pour ma famille, j’ai grandi en pensant faire le contraire ». La femme d’affaires détient un double diplôme d’HEC Paris et de l’Institute of Management of Bangalore. Mais ce n’est pas tout, car en plus d’avoir étudié dans la cinquième école avec la meilleure maitrise en administration des affaires, elle suit une formation de journalisme dans la prestigieuse université de Columbia aux États-Unis. Des études dont beaucoup d’étudiant aspirent, néanmoins le rêve a un prix puisque une année de master dans la faculté américaine ne coûte pas moins de 70 000 €. Cependant, porter le nom de « Rothschild » représente un poids pour une jeune femme pleine de vie à la recherche d’indépendance, elle voulait avoir sa « voie » et « son chemin », de ses mots. Après avoir accepté l’offre de son paternel, la baronne se forme au métier de vinicole à l’écart de la capitale girondine, à Pauillac. Lors de son inscription, elle prend le nom de sa mère: « Carraciolo Di Forino », « Je voulais arriver avec quelque chose de plus couvert et pas avec une étiquette sur ma tête ». Saskia révèle que son anonymat n’aura tenu que quelques mois, le sourire aux lèvres.
Quelqu’un d’éternellement insatisfait
Elle semble avoir tout ce dont elle rêve, seulement, le sentiment de regret remonte quelques fois à la surface quand on lui rappelle sa carrière de journaliste. Souvent, elle y pense à sa correspondance au NY Times, tous les jours même. Durant les dix minutes d’entretien accordées aux journalistes, elle révèle: « Tout choix est difficile, on imagine toujours les multiples vies que l’on aurait pu avoir ». Mais la jeune femme aux innombrables rêves place la famille comme sa priorité: « J’ai senti comme un devoir de revenir travailler pour ma famille ». Diriger un empire à un si jeune âge n’est pas de tout repos, au contraire « on ne dort plus la nuit, on pense constamment à des choses ». En plus, de ressentir de l’éco-anxiété liée à un sentiment d’impuissance face aux problématiques environnementales contemporaines, la milliardaire se met elle-même la pression: « je pense que je suis quelqu’un d’extrêmement exigeant et éternellement insatisfait, ça suffit à se mettre de la pression »
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